Le syndicat revendique une échelle générale des salaires de 1 à 5 : Aucun salaire ne doit être plus de 5 fois supérieur au salaire minimum. Le salaire minimum est le SMIC revendiqué : Il est actuellement fixé à 1.900 € brut mensuels.

L’échelle des classifications est fixé arbitrairement depuis le coefficient 130, coefficient d’un travailleur sans qualification, jusqu’au coefficient maximum de 880. A chaque qualification correspond un coefficient, du CAP au BAC+8, et ceci pour tous types de métiers : La grille est interprofessionnelle sur nos 12 branches professionnelles. Au K130, on fait correspondre le SMIC revendiqué, et au K880, un salaire égal à 5 fois le SMIC revendiqué.

De cette opération, on détermine une valeur de point mensuel. La grille sert de base aux revendications salariales, dans les branches comme dans les entreprises.

Les 3 dimensions du salaire :

1. Il est constitué d’un revenu direct, le salaire net, qui permet au salarié de répondre à
ses besoins, se nourrir, se loger, etc.
2. Il est constitué d’une part indirecte, la cotisation sociale, qui finance de manière mutualisée
des besoins particuliers, les risques sociaux : santé, chômage, retraite, parentalité.
3. Il est la reconnaissance de la qualification, avec un talon ou plancher, le SMIC, qui est le
salaire d’un travailleur sans qualification.

Ce que le salaire « n’est pas » :

Le salaire n’est pas le « juste » prix de la mise à disposition de la force de travail. Quel serait d’ailleurs ce « juste » prix ? Rien ne peut « objectivement » justifier le niveau d’un salaire.

Le salaire est donc un tarif, arbitraire, fixé par convention et toujours établi par un arbitrage politique à un moment donné.

Ce n’est pas non plus le « résultat » du travail, contrairement à de nombreux modes de rémunération activement soutenus par l’Etat et le patronat : actions gratuites, abondement, intéressement, participation, etc.

Les 3 différences entre ces rémunérations et le salaire sont :

1. Elles ne financent pas la protection sociale (exonérées de cotisations),
2. Elles n’entrent pas dans l’assiette pour calculer la ou les indemnités maladie ou chô- mage,
3. Elles sont fonction du profit, résultat capitalistique de 1’entreprise sur lequel le salarié
n’a aucune prise.

Le salaire est le paiement de la qualification

La qualification, que paye le salaire, est la somme de 3 éléments : formation initiale, formation professionnelle, expérience.

L’origine historique du paiement de la qualification se situe dans la fonction publique, où c’est la personne et non l’emploi occupé, qui est qualifiée. Un capitaine de l’armée peut occuper beaucoup d’emplois différents (pilote, responsable informatique, marin, etc..), il est toujours payé comme capitaine, grade qui correspond à sa qualification.

Le salaire est relié à la qualification par un intermédiaire : la classification, c’est-à-dire le
coefficient. A chaque coefficient peuvent correspondre plusieurs types d’emplois. On dit qu’il y a une correspondance Qualification—Classification—Salaire

SMIC revendiqué 1.900 €
– C’est la rémunération minimum pour répondre aux besoins élémentaires.
– C’est aussi le salaire d’un travailleur sans aucune formation ni expérience professionnelle.

Comment est construite la grille fédérale ?

1. On considère que le salaire minimum est de 1.900 €.
2. On fait le choix que l’étendue de la grille soit dans une échelle de 1 à 5. Autrement dit,
le salaire le plus élevé est égal à 5 fois le plus faible, soit 1.900 € x 5 = 9.500 €.
3. On place le premier salaire de 1.900 € au premier coefficient (ici le 130) et le dernier
salaire de 9.500 € au dernier coefficient (ici le 880).
4. Une simple règle de trois nous donne alors la valeur du salaire pour chaque coefficient.
Cette règle se résume dans la formule située en haut de la feuille.
Salaire= 1.900 € + 10,13 € x(K-130),
K étant le coefficient.
5. Cette formule de calcul nous donne une valeur de point en euros de 10,13. Ce chiffre,
qui est le tarif de chaque point de coefficient entre le 130 et le 880, est un indicateur
de l’évolution de la grille au cours du temps. Il permet aussi de comparer les grilles
entre elles, par exemple entre deux conventions collectives.

Recouvrement des catégories professionnelles

La qualification augmente avec les formations continues suivies par le salarié, mais aussi avec l’expérience acquise au cours des années.

La grille prévoit en conséquence que les catégories socio-professionnelles comportent des
zones de recouvrement entre elles.

La grille revendiquée correspond aux salaires réels

La plupart des grilles conventionnelles, ou d’entreprise quand elles existent, sont des grilles
de salaire minimum, l’employeur s’arrogeant le privilège d’octroyer au-delà de ce minimum, des augmentations individuelles, selon des critères qu’il définit lui-même. C’est l’individualisation des salaires.

Telle n’est pas le principe de la grille fédérale. La FNIC-CGT revendique que pour chaque
coefficient, le salaire correspondant soit unique pour tous les salariés qui sont situés à ce niveau de qualification

La grille fédérale est interprofessionnelle

C’est un repère collectif destiné à réellement mettre en place un salaire qui soit le paiement
de la qualification.

Sa première fonction est bien entendu de faire évoluer les grilles de classifications de nos
conventions collectives.

Mais elle a aussi vocation à s’appliquer à l’ensemble du collectif de travail, salariés dits
« organiques » et sous-traitants, intérimaires, dans le but d’en faire un repère pour chaque
salarié de nos industries.

C’est en imposant la grille fédérale pour tous les salariés que nous serons à même de
combattre l’individualisation des salaires, la fragilisation des collectifs de travail, ainsi
que la précarité et le recours à la sous-traitance.