Le 3 avril 2020 et après sept cas symptomatiques Covid19 déclarés, une délégation de la direction générale d’Air Liquide France Industrie (Drh, direction industrielle) s’est rendue sur le site de Mitry-Mory, équipée de masques, gants ,charlottes et veste de protection.

Cette visite fait écho au 2 avril, date à laquelle faute de moyens de protection suffisants, les salariés ont été contraints d’exercer leur droit de retrait pour se protéger eux-mêmes et leur famille du coronavirus, exigeant que les moyens de protection qu’ils ont réclamé (masques, gants et charlottes) et dont l’employeur dispose vraisemblablement, leur soit mis à disposition.

Dès le 08 mars 2020, le syndicat CGT Air Liquide de la région parisienne avait alerté sur les mesures de protection insuffisantes et un droit d’alerte a été lancé le 12 mars par les Élus CGT du CSE Air Liquide France Industrie Ile de France-Nord.

En séance plénière du CSE, la direction s’est contentée de balayer d’un revers de main le droit d’alerte des Élus CGT, le considérant comme injustifié et accusant la CGT de chercher uniquement à nuire à l’entreprise [sic]. Ces propos sont honteux et diffamatoires !

Non messieurs les dirigeants ! La CGT défend les salariés et faute d’avoir pris l’alerte au sérieux, voilà où nous en sommes 15 jours plus tard !

Malgré les craintes, malgré l’alerte, malgré les recommandations des spécialistes de la santé, l’employeur comme les services de santé au travail ont considéré que les mesures barrières mises en place et recommandées par le gouvernement étaient largement suffisantes !

Après 3 mois d’impréparation, on voit où cela nous à conduit ! Pourquoi les masques n’ont-il jamais fait partie des moyens de protection mis à disposition des salariés alors que tout le monde sait aujourd’hui ce qu’il en coûte ?

Le gouvernement osera t-il avouer que les stocks sont vides à causes des politiques d’austérité de ces 20 dernières années ?

Décidera t-il enfin de mettre en œuvre la planification de la production en sauvant les usines Luxfer, Famar et en relançant l’activité de l’usine bretonne de Plaintel lâchement coulée par l’État français et l’américain Honeywell qui fabriquait des millions de masques ?

Les dirigeants du groupe Air Liquide prônant le dialogue social et la sécurité doivent absolument mettre un terme à leur politique de discrimination et d’intimidation à l’égard des militants de la CGT, seule organisation syndicale à agir dans la période en défense des droits et pour la protection des travailleurs.

Nous l’affirmons, mis à part les bouteilles et les respirateurs, tous les stocks sont au maximum, la production n’a jamais cessé. Il ne faut pas confondre production essentielle et l’essentiel de la production.

De fait et depuis le début de la crise, la direction générale a délibérément décidé que le profit était prioritaire sur la santé des travailleurs. L’histoire le démontre. Depuis les premières constatations d’exposition des salariés à l’amiante et plus récemment aux substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), tout confirme que le grand patronat trop occupé à la recherche de profits maximum, est incapable de tirer les leçons du passé pour la protection de la santé des travailleurs.

Preuve en est que le conseil d’administration décide de soigner d’abord les gros actionnaires comme BlackRock qui rappelons le, détient 5% du capital.

Le 05 mai, se congratulant des beaux résultats, ils se partageront les 1 milliard 313 millions d’euros de dividendes, soit 58% du résultat net, fruits de la richesse produite par le travail et les seuls salariés !

Face à l’attitude du Grand patronat, de l’oligarchie financière et de ses valets gouvernementaux notre devoir est de réagir et de préparer dès maintenant le jour d’après. Cela commence par anticiper le manque de préparation évident et donc de penser dès maintenant le déconfinement par la planification de l’ensemble des étapes qui seront nécessaires au retour à une vie « normale », tout en continuant de protéger en premier lieu, la santé des salariés.

Cette crise de la santé est le résultat de l’inconséquence de ceux qui nous gouvernent. Une fois passée cette crise sanitaire et sociale, s’en suivra une crise économique, financière, politique et pour finir climatique.

Il est hors de question que les salariés payent la note, qui s’annonce d’ores et déjà très salée. Ne confondons pas les causes et les conséquences car c’est bien le système capitaliste qui est en crise, c’est donc lui qu’il faut changer !

La question doit être posée : Devrons nous continuer à subir la violence de quelques oisifs avides de richesse et de pouvoir, ou serons nous capable de prendre en main notre avenir, pour imposer un autre projet de société respectueux de l’Humanité et de l’environnement ?