Au 16e jour d’une mobilisation exemplaire, les salariés d’Air Liquide France Industrie en grève sur le site de Mitry-Mory le déplorent ; La ligne de fin de conflit est comme celle de l’horizon, plus on avance et moins on s’en rapproche.

Comme nous l’avions annoncé, tout démontre aujourd’hui que la Direction locale n’a aucune marge de manœuvre permettant de mener à bien les négociations.

A ce jour, les 2 brouillons d’accord proposés par la Direction ne répondent en rien aux revendications des salariés. Tout juste s’ils rappellent les engagements de principe non tenus jusque là dans les accords collectifs existants.

Les salariés sont devenus les spectateurs d’une pièce de théâtre ubuesque.

A défaut de vouloir reconnaitre les lacunes de sa politique sociale et salariale, la Direction générale enlise volontairement les négociations dans une suite sans fin d’engagements plus inconsistants les uns que les autres.

De leur côté les salariés en grève soutenus par la CGT n’ont perdu ni leur temps ni leur courage. La contestation pleinement justifiée a livré au grand jour une politique sociale ne respectant ni les accords d’entreprise, ni la convention collective des industries Chimiques, en ce qui concerne les classifications, les parcours professionnel, les qualifications et ce, depuis de très nombreuses années.

En regard de la valeur du point qui détermine les fourchettes des salaires, un écart moyen de 2.000 euros par an est constaté avec les minima déterminés par la convention collective des industries chimiques.

De nombreux salariés constatent que leurs classifications ne correspondent en rien avec la fonction réelle qu’ils occupent. La législation comme la convention collective sont pourtant unanimes sur ce point ; Ce sont les fonctions réellement exercées par le salarié qui doivent être retenues pour déterminer la classification.

Si cette politique sociale et salariale est préjudiciable à la plupart des salariés au fil des années, elle révèle également son obsolescence au regard des moyens nécessaires devant permettre de répondre aux enjeux du groupe Air Liquide.

La précarisation des emplois au travers de l’intérim, la multi-polyvalence des salariés, ni valorisés, ni reconnus, le recours massif à la prestation de service sont autant d’éléments parmi d’autres qui illustrent la volonté de réduire les charges d’exploitation au détriment des salariés qui sont, ici comme ailleurs, utilisés comme principale variable d’ajustement des coûts de production pour toujours plus de profitabilité au bénéficie du capital actionnarial.

Une question se pose à l’échelle nationale : Depuis combien de temps le groupe Air Liquide ne respecte t-il plus les disposions légales et conventionnelles qui devraient naturellement être appliquées à tous les salariés ?

La CGT continuera sans relâche à soutenir les revendications en défense des intérêts de tous les salariés et restera vigilante pour que soient reconnus et revalorisés leurs parcours professionnels et leur déroulement de carrières.

Les salariés ne sont pas dupes ! On continue et on ne lâche rien !