Négociation #AirLiquide France Industrie : SALAIRES, EMPLOIS et CONDITIONS DE TRAVAIL

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Négociation Air Liquide France Industrie

SALAIRES, EMPLOIS et CONDITIONS DE TRAVAIL

Intervention de la CGT – 17 Octobre 2018

 

Les moyens​ ​d’augmenter significativement les salaires​ existent dans le Groupe Air Liquide.

En 2018, 54 % de la richesse produite par les salariés pour le Groupe a été distribuée aux actionnaires, soit près d’1 milliard 200 millions d’euros. Cette augmentation de 12% par rapport à l’année précédente représente l’équivalent de​ 66 735 années de SMIC!

A l’échelle de la filiale Air Liquide France Industrie, la richesse créée par les salariés est en évolution constante d’année en année.

  • Valeur ajoutée :
    ○ 2016 : 422,0 millions €.
    ○ 2017 : 436,2 millions €, ​soit une évolution de 2,7%​.
  • Dividendes payés pour les exercices :
    ○ 2016 : 106,5 millions €.
    ○ 2017 : 150,1 millions €, ​soit une évolution de plus de 40%​.

Cela est rendu possible par une politique sociale et salariale sous pression permanente du
résultat, via les politiques RH et l’évaluation individuelle de la performance (TMS). Mais aussi par la course folle pour l’atteinte des critères d’intéressement et de participation, sans compter les multiples actions patronales visant le fameux “coût du travail”.

Le travail n’est pas un coût mais une richesse. Nous dénonçons la dégradation des conditions de travail et le manque criant d’investissement dans la modernisation de l’outil de production. Le recours au travail précaire via la sous-traitance, les CDD, mais aussi le manque de formation qualifiantes pour toujours plus de profit et de ponction pour la croissance du résultat net du Groupe, pour l’actionnariat au détriment du salaire.

Le chiffre d’affaire généré par les salariés des entités d’Air Liquide France Industrie (IM, LI, Électronique) représente près de 80 % du chiffre d’affaire total du Groupe soit plus de 16 milliards d’euros.

En préambule les élus CGT rappellent le cadre de la négociation obligatoire, Salaire, Emplois
et Conditions de Travail et propose comme base sa grille fédérale de salaires revendiqués.

Nous demandons à négocier sur thèmes tels que prévus par la loi :

les salaires effectifs ;
la durée effective, l’organisation du temps de travail mais aussi la réduction du temps de travail ;
le suivi de la mise en œuvre des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération et les différences de déroulement de carrière entre les femmes et les hommes.

Par ailleurs, il s’agit également de négocier les mesures en direction de l’emploi et des conditions de travail.


Concernant les moyens :

1. NAO

La négociation qui s’ouvre ne peut se contenter d’avaliser les décisions unilatérales de l’employeur et il s’agira de négocier non seulement :

le montant de l’enveloppe qui sera provisionnée
Sa répartition.

Pour définir la hauteur de l’enveloppe financière, il faut en négocier sa base pour que l’ensemble des salariés bénéficient du maintien et de la garantie de leur pouvoir d’achat.
L’enveloppe consacrée à la politique salariale ne doit pas intégrer l’ancienneté.

La contribution du salarié doit être prise en compte avec des augmentations individuelles conséquentes en plus des augmentations générales.

2. Allocation de fin d’année
Nous revendiquons que l’allocation de fin d’année (AFA) devienne un véritable 13ème mois.

3. Valeur du point

La valeur du point mensuel chimie est de 8,12€ pour 38h soit 7,47€ pour 35h.
Air Liquide fait état dans sa circulaire d’une valeur du point mensuel de 8,30 €.

Coefficient * valeur du point = salaire mensuel brut hors ancienneté

Selon la formule de calcul de la direction incluant l’AFA (Coeff*8.30*12) dans la valeur du point les salariés perçoivent une rémunération minimale brute inférieure à la valeur du point
10 mois sur 12.

Cela semble irrégulier en regard de l’application de la convention collective qui détermine que le salaire minimum hiérarchique se calcule au mois le mois en application de la valeur du point mensuel soit 8,30 euros tel que communiqué par le groupe Air Liquide.

Prenons pour exemple un coefficient 275 x 8,30 x 12 = 27390€ brut par mois hors ancienneté

Ce salarié perçoit en réalité :

2106,92 euros sur 10 mois soit 7,66 euros du point
3160,38 euros en Juin et en Décembre soit 11,49 euros du point au titre de l’allocation de fin d’année.

L’allocation de fin d’année (AFA) est donc un subterfuge pour calmer les revendication salariales alors que la valeur du point est réellement au dessus des 8,30€ minimums 2 mois par an.

Avec un calcul sur 13 appointements ça donne 275 X 8,30 sur 13 mois 29672€
Avec le prélèvement à la source, une éventuelle réintégration de cette allocation de fin
d’année pourrait laisser croire aux salariés que le brut mensuel augmente alors que c’est faux.

La CGT revendique que la valeur doit point soit appliquée au mois le mois sur 12 mois et que soit mis en place un réel 13 mois.

Les prix à la consommation ont augmenté de 2,3% en un an. Nous revendiquons une augmentation collective des salaires de 3% avec un plancher pour les plus bas revenus et un
plafond pour les plus hauts.

4. A travail égal salaire égal :
Nous revendiquons l’application de la jurisprudence constante qui prévoit que le coefficient appliqué à un salarié corresponde à la fonction réellement exercée. Cela vaut également pour les écarts de classification entre les femmes et les hommes, qui nécessitent la mise en œuvre d’un véritable déroulement de carrière..

Ainsi tout écart de classification doit s’expliquer de manière objective en application de la convention collective nationale des industries chimique

5. Emplois :
Nous revendiquons l’internalisation systématique des postes aujourd’hui occupés par les intérimaires et les prestataires dont le contenu s’avère nécessaire au bon fonctionnement de
l’entreprise.

6. Conditions de Travail :

Nous revendiquons une réelle politique d’investissement pour le maintien et l’évolution du l’outil de production.

Nous revendiquons la mise en oeuvre pour tous les salariés d’un cursus de formation professionnelle qualifiante et continue, pour permettre le maintien de l’employabilité et l’évolution des connaissances.

Vous aussi vous ne voulez pas en rester là, rejoignez-nous !