Montreuil, le 04 Février 2026
La mise en examen de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie patronale concertée visant à étouffer les voix critiques et à saper la capacité de résistance collective des travailleurs. Cette attaque judiciaire contre notre secrétaire générale résonne avec une brutalité particulière dans nos entreprises, où les directions mêlent suppressions d’emplois, licenciements arbitraires et répression syndicale pour imposer leurs doctrines libérales et liberticides.
Depuis plusieurs mois, le patronat intensifie les attaques contre les travailleurs : répression syndicale et suppressions d’emplois dans tous les secteurs, sans jamais en justifier la nécessité économique réelle. Chez Air Liquide, rien qu’en France, ce sont plus de 2000 emplois qui sont sacrifiés. Pendant ce temps, les subventions publiques et les dividendes continuent de pleuvoir, tandis que nos représentants syndicaux se heurtent à des obstacles constants et à une répression syndicale ciblée. Chez Air Liquide comme ailleurs, nos camarades subissent des mesures disciplinaires, des pressions hiérarchiques, voire des poursuites judiciaires. Les décisions de l’inspection et du ministère du Travail refusant les licenciements des salariés protégés sont systématiquement contestées dans une logique d’obstination sans limites.
Le message est clair : le patronat veut nous réduire au silence pour imposer sa loi. À Air Liquide comme dans tous les secteurs, on cherche à nous soumettre et à nous faire taire. La CGT refusera toujours cette logique de la résignation et d’asservissement.
Ce qui arrive à Sophie Binet et ce que nous subissons dans tous les secteurs ne sont pas des coïncidences. C’est une stratégie bien organisée pour affaiblir notre capacité à nous défendre collectivement contre un système capitaliste à bout de souffle et empêtré dans ses propres contradictions.
En criminalisant les porte-parole syndicaux comme notre camarade Sophie, et en réprimant les militants sur le terrain, le patronat cherche à instaurer un climat de peur où plus personne n’oserait contester ses décisions. Dans ce contexte d’affaiblissement syndical, il devient plus facile d’imposer des plans sociaux sans justification, de dégrader nos conditions de travail, ou de geler nos salaires.
Leur calcul à court terme est simple : si nous acceptons de nous taire aujourd’hui, ils pourront tout nous imposer demain. Des licenciements sans véritable justification, des conditions de travail toujours plus difficiles, des salaires qui ne suivent plus l’inflation et, à terme, la précarisation de l’ensemble des travailleurs. Sans des syndicats forts dans chaque entreprise, qui pourra agir pour nous défendre ?
Face à cette offensive coordonnée, nous n’avons qu’une seule arme : nous syndiquer et agir en solidarité. C’est une arme redoutable face à l’individualisation, au chacun pour soi et aux logiques d’asservissement volontaire.
Soutenir Sophie Binet, c’est défendre notre droit à tous de nous exprimer librement et de nous syndiquer sans crainte de représailles. Son combat est directement lié au nôtre, chez Air Liquide comme ailleurs.
Résister aux plans sociaux et à la répression syndicale dans nos entreprises, c’est refuser de voir nos emplois sacrifiés et nos droits piétinés au nom de profits toujours plus élevés.
Nous ne demandons pas la charité. Nous exigeons simplement le respect, l’arrêt immédiat des poursuites contre Sophie Binet et contre tous nos militants visés par des sanctions ou des procédures judiciaires.
Défendre les travailleurs n’a jamais été un crime, et nous ne laisserons pas le patronat en faire un.
La CGT n’a jamais reculé face aux intimidations. Nous serons plus forts que jamais pour défendre nos droits et notre dignité.