#NAO2018 – #AIRLIQUIDE SA

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Une fois de plus, la Direction suspend les progressions salariales à un chantage à la signature.

En parallèle, les dividendes auront augmenté de 10% en 2017 et globalement « Le dividende versé à nos actionnaires a connu une croissance annuelle de + 8,2 % sur les 30 dernières années (1986 à 2016) » source : https://www.airliquide.com/fr/actionnaires/dividende.

Pour 2018, trois réunions de négociations se sont tenues entre novembre et janvier.

Au regard :

  • des résultats du Groupe Air Liquide, auxquels nous contribuons,
  • de l’expression des salariés en 2017 aux travers de l’Enquête Salaires, Emploi et Conditions de Travail menées par les Organisations Syndicales du CRPS[1] et de celle menée par la Direction auprès des salariés ALSA[2]
  • de cette expression relayée par l’avis négatif portée par toutes les Organisations Syndicales au CCE d’ALSA de novembre sur les orientations stratégiques de l’entreprise et leurs conséquences (sociales)[3],
  • du fait que l’indice des prix INSEE n’est pas un indice du coût de la vie[4], alors que l’employeur se base dessus
  • des hausses des postes de dépenses comme la mutuelle, de 30% pour les ayant droits (qui n’était pas inéluctable)…

La CGT a porté les revendications suivantes :

  • une hausse de la Masse Salariale (MS) de +3,5 % avec au moins une partie collective (AC) prépondérante sur les augmentations individuelles (AI), pour les salaires inférieurs à 51000€ annuel,
  • des mesures contre la déqualification des métiers (qui pèse aussi sur les salaires) avec des embauches donc,
  • la revalorisation des primes, qui perdent toutes en valeur depuis 5 à plus de 10 ans – CESU : 2007, bourse d’étude : 2008, vacances : 2012, vacances enfant : avant 2007, transport : 2012.

Deux autres Organisations Syndicales ont fait des demandes consistantes, +3% de la MS en AI pour l’une et +2,5% à +2,7% de la MS en AI et AC, pour l’autre.

 La direction a finalement proposé +1,8 % : 1,5 % en AI + 0,3 % de Promotions (PRI) et une augmentation de la prime de vacances de 50 € à 750€.

Par contre en l’absence d’accord, la direction appliquera une mesure unilatérale de 1,1 % AI + 0,3 % PRI, soit une enveloppe de 1,4 %. La prime de vacances ne serait pas revalorisée.

Une fois de plus, la Direction suspend les progressions salariales à un chantage à la signature.

Vos retours indiquent que vous êtes choqués par ce procédé, qui ne va pas dans le sens d’un dialogue social de qualité, loyal et sincère. Facile de faire taire les critiques quant à la politique salariale en cumulant les signatures sous cette contrainte et pouvoir affirmer ensuite que tout va bien.

Le projet d’accord a été finalement adopté par trois Organisations Syndicales et la CGT a décidé de ne pas s’y associer alors que les salariés ont montré leur insatisfaction envers la politique salariale à travers les enquêtes.

De plus, nous considérons les augmentations collectives comme fondamentales et avions signifié lors de la dernière séance de négociation que 2% était un seuil.

[1] Il ressort entre autres, que les salariés considèrent que leur salaire n’est pas à la hauteur du travail réalisé, qu’il ne répond pas à leurs besoins, que la hausse des salaires doit être à l’image de la progression des résultats du Groupe, que l’égalité professionnelle est considérée comme importante et que l’entretien individuel ne favorise pas le déroulement de carrière.
[2] Il ressort que les priorités des salariés sont en n°1, la gestion de la performance et la reconnaissance et en n°3 la gestion de carrière.
[3] « …Dans l’attente d’un plan d’action social ambitieux de la Direction, l’ensemble de ces signaux amène les élus du CCE à remettre un avis défavorable sur les orientations stratégiques dans ses conséquences sociales pour les salariés de ALSA ».    
[4]L’indice des prix à la consommation n’est pas un indice du coût de la vie : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1557http://www.cgt.fr/L-indice-des-prix-ne-reflete-pas.html