Consultation du CSE ALSA sur le projet de transformation des Achats Europe.

Le volet industriel du projet est de répondre aux besoins d’agilité et de simplicité pour les commandes d’achats indirects et généraux, et aux besoins de contrôle et de maîtrise des achats clés.

Le projet étant européen, le Comité Économique Européen a été consulté et a rendu un avis favorable sur ses principes généraux en juillet. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il y avait un volet social important dans chaque pays, et c’est donc essentiellement sur ce sujet que le CSE ALSA est maintenant consulté, pour la France.

Et bien sûr, comme ces dernières années à ALSA, un projet industriel est accompagné d’un projet social nettement moins ambitieux ! (avec un accompagnement minimaliste).

En effet, le projet prévoit que 23 salariés d’EMS (ALSA) soient déplacés de la Défense (tour EQHO) au siège social d’ALFI à Bagneux et leurs contrats de travail avec.

En conséquences, ils devront supporter, de nettes dégradations de leurs conditions de transport en commun par l’allongement du temps et même, le recours à la voiture (et ce n’est vraiment plus dans l’air du temps…), et même s’ils restent au sein du département 92.

Ils verront leur intéressement diminuer principalement du fait du financement calculé sur le salaire moyen, qui est sensiblement plus faible à AFLI qu’à ALSA.

Les inquiétudes sont sensibles aussi en termes de pérennité des emplois et de déperdition des compétences.

La direction d’ALSA avait-elle besoin d’en arriver là ?

Non bien sûr, à l’heure du digital, dont l’usage est un credo au sein du Groupe, pourquoi changer de site et d’entreprise? Rapprocher les achats des opérations? Mais le Siège Social ALFI Bagneux est-il un centre opérationnel? Le siège du Cluster SW reste pour autant à la Défense (EQHO).

Enfin, les salariés changent d’employeur mais c’est toujours la direction des Achats Europe qui paiera les salaires refacturés par ALFI, et qui managera les personnels. Les salariés finalement déplacés, auront quels recours avec leur nouvel employeur (ALFI) sur des décisions managériales et sociales venant des Achats Europe, quels seront leur repères sociaux ? Peut-on s’inquiéter qu’à terme, le “coût” salarial pour ALSA et le Groupe AL sera réduit?

On est donc là dans une prestation auprès d’un client, qui ne nécessite pas le changement d’employeur, la direction l’a d’ailleurs bien dit au CSE, “c’est un choix”, et il ne va pas dans le sens d’une responsabilité sociale, mais organisationnelle.

Actionnariat vs financement des investissements du Groupe :  

L’actionnariat chez AL est constitué de :
  • 49% d’institutionnels étrangers
    19% d’institutionnels français
  • 32% d’individuels (dont les salariés du Groupe 1,5%)

La direction l’a rappelé, “le rendement qu’on donne aux actionnaires est entre 8 et 12%, donc cela a été coûteux d’ouvrir 3,3 md€ de capital pour l’achat d’Airgas contre les émissions obligataires qui ne coûtaient rien”.

Notre analyse :

En trente ans, il y a eu deux ouvertures du capital, pour Airgas et celle consécutive à l’achat de Big Three en 1986 pour 1,05 milliards de dollars de l’époque.

Les 14 ouvertures du capital aux salariés auront apporté 1 à 2 milliards d’argent frais.

En face donc, le financement des investissements se fait sur fonds propres et par l’emprunt (exemple Airgas, 3 md€ et 4,5 md$ d’émissions obligataires).

Durant cette période donc, le financement des investissements (environ 80 md€) s’est largement plus fait sur fonds propres et par les emprunts auprès des créanciers, que par le recours aux actionnaires (< 10 md€).

Leur contribution est donc très réduite, décidément, il nous est difficile de comprendre les largesses à leur encontre (52% des derniers profits) qui grèvent les investissements et la part des salaires (dont le financement de nos droits) dans la valeur ajouté (VA = salaires + profits).

Par contre, la contribution des salariés est décisive et le mot est faible, pour quel partage de la valeur ajouté, pour quel partage des gains de productivité ?