COMMUNIQUE DE PRESSE

Depuis le 30 novembre 2017, le Comité d’entreprise européen du Groupe Air Liquide est informé et consulté sur le projet de réorganisation de la filiale Air Liquide Engineering & Construction.

Dans le même temps, les instances représentatives en France sont elles aussi à pied d’œuvre et les salariés sont dans l’attente quant à leur avenir professionnel au sein du groupe Air Liquide.

Alors que ce dernier vient d’annoncer par voie de presse la mise en service, en Afrique du Sud, de la plus grande unité de production d’oxygène au monde, le projet présenté aux représentants des salariés à l’échelle européenne prévoit quant à lui une nouvelle et importante réduction d’effectif via des « plans sociaux » en France et en Allemagne avec des impacts en Pologne.

Outre les interrogations sur l’avenir de l’ingénierie, fabrication et construction, dans les centres « historiques » Air Liquide de Champigny Sur Marne et de Vitry-sur-Seine via le démantèlement du portique de construction des colonnes et boites froides cryogéniques, le projet envisage de saisir l’opportunité d’une opération immobilière juteuse, par la vente pure et simple de son site de fabrication, tout aussi rempli de l’histoire du groupe, du 18 quai Jules Guesdes à Vitry Sur Seine.

Cet abandon poursuit et amplifie la politique de développement de ces activités à Ras Al Khaimah (Emirats Arabes Unis) où le Groupe Air Liquide y réalise des investissements gigantesques, au sein d’un centre « surgi de nulle part » où le groupe exploite de la main d’œuvre expatriée d’Inde et des Philippines notamment, sous encadrement Français.

Au terme d’une réunion extraordinaire en date du 26 Janvier 2018, le comité d’entreprise européen a rendu un avis défavorable au projet en déclarant que « Les éléments présentés, comme les réponses aux questions posées par les membres du Comité et plus particulièrement la volonté exacerbée de réduire les coûts, qui se transforme en réduction du personnel et d’une perte de savoir-faire, ne sont pas susceptibles d’assurer la croissance et la continuité des activités de E & C. »

Les Syndicats CGT du groupe Air Liquide soutiennent la déclaration du Comité d’entreprise européen et déplorent une fois de plus le fait que les salariés soient systématiquement la variable d’ajustement pour la croissance du groupe Air Liquide.

Nous l’affirmons, l’avenir du groupe réside dans les savoirs faire des salariés qui le compose.

Ce n’est certainement pas en réduisant les effectifs et les compétences, en précarisant l’emploi au sein des filiales que la direction du leader mondial des gaz industriels et médicaux parviendra à conquérir de nouveaux projets industriels.

Face à ces stratégies « court terme » à bout de souffle, il est urgent de redonner au travail et à l’emploi ses lettres de noblesse. Il n’est pas tolérable d’entendre un Président de la République Française, se complaire à assimiler les chômeurs à des fainéants.

Face à la précarité grandissante du salariat telle que la dictent les dirigeants du CAC40 et les membres de l’ERT, au « gouvernement Macron – Merkel » réduits au simple office de commis soumis à la finance et la spéculation boursière, il est temps de proposer une réelle alternative respectueuse du travail humain, créatrice d’emploi et de développement économique durable au service de l’Europe des Peuples.

Déclaration of the Air Liquide European Works Council :

« The elements presented, as the responses to the questions asked by the members of the EWC, and more particularly the exacerbated will to reduce costs, which turns into work-force reduction and loss of know-how, are not likely to ensure the growth and continuity of the activities of E&C.

Consequently, the EWC gives an unfavorable advice on the reorganization project of E&C. »