Lors des négociations annuelles obligatoires 2018 portant sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail (NAO), la direction d’Air Liquide IT SA avait pris l’engagement d’ouvrir une négociation sur le sujet de l’abondement.

A cette période et faute de pouvoir négocier sur les modalités d’attribution et de répartition de l’enveloppe budgétaire vers une augmentation de salaire pour tous, la CGT avait refusé de signer l’accord proposé, jugé injuste et inéquitable (lire la déclaration)

Bien lui en a pris puisqu’en guise de négociation, il est finalement question d’accepter la feuille de route de la Direction sans aucune marge de négociation ni contrepartie.

Pour les salariés d’Air Liquide IT SA et à l’analyse des informations présentées, les organisations syndicales sont unanimes. Les résultats s’effritent, 122% d’atteinte en 2014 contre 117% en 2017. Le montant moyen versé aux salariés est nettement en baisse – 4% entre 2016 et 2017 pour revenir cette année à un montant inférieur à celui de 2014 (-2%).

Source : Direction Air Liquide IT SA

En 2018 comme pour les années précédentes, le partage de la valeur ajoutée d’Air Liquide IT s’est fait au détriment des salaires et par voie de conséquence, du salaire indirect ou socialisé qui est associé au financement des prestations sociales.

Sur les 41,3 millions d’euros de valeur ajoutée, moins de 250 000 euros viendrons augmenter la masse des salaires alors que dans le même temps, plus d’ 1,3 millions d’euros alimenterons l’intéressement. C’est sans parler des 1,2 millions d’euros (soit la quasi totalité du bénéfice net distribuable) qui comme chaque année alimentent l’actionnaire unique : Air Liquide SA

 

Ainsi et en regard du partage de la valeur ajoutée, c’est chaque année plus de 2,5 millions d’euros qui échappent aux investissement pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail.

En 2017 sur les 222 salariés concernés, près d’un quart ont demandé le versement intégral ou partiel de leur prime d’intéressement, probablement en compensation de la non augmentation des salaires.

Pour les salariés c’est la double peine : Imposition sur le revenu, CSG/CRDS et perte des cotisations sociales salariales et patronales qui entrent dans le calcul des droits à la protection sociale (Sécurité sociale, retraite, chômage)

Pour l’employeur c’est tout bénef : Exonération des cotisations sociales, déduction du bénéfice imposable, exonération de taxes (salaires, apprentissage) et participations (formation continue, construction), sous certaines conditions et si versement dans le cadre d’un plan d’épargne : constitution d’une provision pour investissement égale à 50 % de l’abondement complétant l’intéressement.

Paradoxalement, alors que la Direction avait refusé d’octroyer une augmentation collective de salaire, cette année comme l’année passée, elle propose magiquement d’abonder la somme de 500,00 euros (3 € abondés pour chaque euros versé par le salarié sur le PEE pour les 100 premiers € et 2 € abondés pour les 100 € suivants).

Voilà de quoi encourager l’épargne salariale au profit exclusif de Natixis (filiale du groupe BPCE dirigé par Laurent Mignon, ancien banquier d’affaires et associé-gérant de la banque Rothschild – NDRL)

Face à ces décisions stratégiques et politiques qui pénalisent l’augmentation des salaires et par conséquent le maintien du pouvoir d’achat et des droits sociaux à court terme, la CGT alerte l’ensemble des salariés sur les dangers de ce type de rémunérations aléatoires.

Symbole par excellence de la rémunération différée au mérite, intéressement et participation sont les outils de prédilection du « wall street management » et pour de nombreux dirigeants, ce sont de véritables solutions miracles pour apaiser le « dialogue social » et éviter toutes contestations collectives visant l’augmentation des salaires.

Injustes et inéquitables, ces dispositifs prévoient quasiment tous une répartition utilisant conjointement deux critères que sont le salaire et le temps de présence dans l’entreprise.

  • Quid des salariés à temps partiel (choisi ou imposé) ?
  • Quid des salariés à mi-temps thérapeutique pour longue maladie ?
  • Quid des salariés qui n’ont pas l’ancienneté requise ?
  • Quid des salariés dans la fourchette basse des salaires ?

Face aux conséquences sociales évidentes, il apparait urgent que les salariés se mobilisent pour l’augmentation des salaires. Pour notre pouvoir d’achat et le maintien de nos droits sociaux nous revendiquons que les sommes versées au titre de l’intéressement et de la participation soient réintégrées dans le salaire avec une répartition équitable entre tous les salariés quelque soit leur situation.

Et vous ?

  • Combien gagnez-vous vraiment ?
  • De quoi votre vrai salaire est-il composé ?
  • Quel est le sens de vos cotisations et de celles de votre employeur ?
  • Quelles attaques insensées subit votre vrai salaire depuis plus de 30 ans ?

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