Photo – Syndicat CGT Air Liquide région parisienne

Le 11 Juin, les salariés ont déboulé au siège social. Du jamais vu chez Air Liquide !

30 jours après le dépôt des revendications, les salariés d’Air Liquide France Industrie de Mitry-Mory initialement en grève depuis le 23 mai, ont entamé leur troisième semaine de mobilisation sur une note de solidarité et de résistance à toute épreuve !

La victoire est au bout du chemin !

Soutenus par le Syndicat CGT Air Liquide de la région parisienne, la lutte des salariés pour la défense et la conquête de nouveaux droits a été exemplaire et les soutiens ont traversées l’Europe via la Confédération syndicale espagnole, Comisiones Obreras – CCOO. (lire ici)

Il est à noter que durant toute la période encadrant ce conflit, les portes de l’établissement de Mitry-Mory sont restées grandes ouvertes. Avec l’ensemble des salariés et en défense de leurs intérêts, la CGT a soutenu le mouvement en responsabilité, bienveillance et profond respect de l’ensemble de l’outil de production comme du personnel de l’entreprise qu’il soit gréviste ou non gréviste, membre ou non de la Direction.

Après 10 jours de négociations entre la Confédération Générale du Travail et la Direction, un accord a été trouvé et les salariés ont décidé la reprise de l’activité ce matin, 13 Juin 2018.

Dès à présent (extraits du protocole de fin de conflit);
  • La Direction s’engage à analyser, à vérifier et à régulariser chacune des 23 situations individuelles remontées par la délégation CGT ainsi que celles de tous salariés qui en exprimeront le souhait ;
  • La Direction reconnait que les compétences multiples, la pratique du tutorat, l’autonomie, le savoir-faire et l’expérience acquise dans le parcours professionnel sont autant de critères qui doivent permettre la reconnaissance et la réévaluation des classifications et par conséquent, des salaires pour garantir l’employabilité et la poursuite des déroulements de carrières ;
  • La Direction s’engage à examiner la situation des salariés qui n’ont pas changé de coefficient depuis plus de 4 ans et à proposer un plan à court terme pour remédier aux situations ;
  • La Direction s’engage à organiser des entretiens individuels à compter du​ 21 juin 2018 ​avec une fréquence de 4 à 5 salariés par semaine ;
  • La direction s’engage à recevoir en priorité les 5 cas identifiés comme urgents par la délégation CGT, et à les traiter selon la méthode proposée le mois suivant le constat ;
  • La Direction s’engage à ajuster l’organisation de certains services avec la mise en place de postes “d’animateurs d’équipe” ;
  • La Direction s’engage à étudier toutes les demandes individuelles issues des entretiens professionnels concernant la formation qualifiante et notamment, la reprise d’études, la passation de diplômes et/ou la valorisation des compétences et des acquis. ;
  • La Direction s’engage pour chaque famille de poste à mettre à jour ou à créer les emplois-repères (fiches de poste) correspondants d’ici fin du 4ème trimestre 2018 – ce qui précisera ainsi la distinction entre le travail prescrit et le travail réalisé (NDLR) – ;
  • La Direction s’engage à examiner la possibilité de créer, dans les 6 prochains mois et selon les indicateurs d’activité 1 à 3 postes en CDI.

L’en-cours de production serait aujourd’hui estimé à environ 1 millions d’euros. C’est bien la démonstration que seul le travail crée la richesse !

Ainsi, les heures supplémentaires seront bonifiées à partir du 18 juin 2018 (et dans la limite du 31 décembre 2018). Cette bonification prendra la forme d’une prime de 400€ bruts pour chaque tranche de 20 heures supplémentaires effectuées dans la limite de 60 heures supplémentaires. Ainsi la somme de 1.200€ bruts sera versée à chaque salarié gréviste comme non gréviste.

La passivité durant de longues années de la Direction Générale comme de celle de l’établissement de Mitry-Mory et la non considération de la récente condamnation pour discrimination salariale et syndicale du groupe Air Liquide, resteront les éléments clés à la source de ce conflit.

L’ensemble des Dirigeants doivent dorénavant mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour reconquérir rapidement la confiance des clients mais aussi et surtout, la confiance de tous les salariés !

La CGT avec l’ensemble des salariés reste déterminée à mener la suite du combat pour la revalorisation de la valeur du point, des classifications et des déroulements de carrières dans toutes les filiales du groupe.

Ces 30 jours de mobilisation ont mis en lumière les dérives de la Direction Générale en regard du calcul de la valeur du point et des dispositions conventionnelles.(lire ici)

C’est la démonstration que les supposées « Négociations Annuelles Obligatoire » sur les salaires, emplois et conditions de travail ne sont que des pièces de théâtre jouées d’avance, dans l’unique intérêt du capital actionnarial au détriment des salariés (En 2018, +12% d’augmentation pour les dividendes contre 1% pour les salaires)

Les sommes versées au titre des rémunérations aléatoires (intéressement, participation) ne correspondent pas à ce que chaque salarié devrait percevoir en salaire. 80 % des miettes que nous laissent le conseil d’administration du groupe Air Liquide partent dans l’intéressement et la participation contre seulement 20 % pour les salaires sous forme d’augmentation individuelle.

Seul le salaire conditionne le niveau de vie des salariés et permet par les cotisations sociales salariales et patronales, de garantir le maintient de nos droits et de nos conquêtes sociales (sécurité sociale, retraite par répartition, chômage)

Ce n’est que le début du commencement, le combat continue !

Le Syndicat CGT Air Liquide de la région parisienne s’y engage dès à présent comme il l’a toujours fait et dans la poursuite du mouvement exemplaire des salariés de Mitry-Mory.

Présents dans l’ensemble des comités d’établissement et d’entreprise au niveau des sièges sociaux du groupe Air Liquide, nous appelons l’ensemble des sections syndicales CGT du groupe Air Liquide à engager la bataille du salaire !

  • Pour la juste application de la valeur du point ;
  • Pour la régularisation des classifications en regard des fonctions réellement occupées
  • Pour le maintien des garanties d’employabilité et du bon déroulement des carrières.

A Paris, le 13 Juin 2018

 

Vous aussi si vous ne voulez pas en rester là, rejoignez-nous !