Déclaration de la délégation CGT 

40ème session du Comité de Groupe

Air Liquide 

Paris, le 06 décembre 2017

Lors de la précédente session du Comité de Groupe, la CGT du groupe Air
Liquide était intervenue par le biais d’une déclaration pour dénoncer des faits
de répressions syndicales envers la CGT et plus particulièrement dans la filiale
Dinno Santé.

A peine 6 mois plus tard, nous ne pouvons que constater un management de
la terreur déployée par la direction de cette filiale dont les principales victimes
sont des élus CGT ou des salariés s’étant portés candidats aux élections
professionnelles sur les listes CGT.

Ainsi:
● Le 27 octobre 2017, une membre DUP CGT suppléante cadre a reçu un
avertissement que nous considérons comme injustifié.
● Le 22 novembre 2017, un licenciement a été notifiée à une salariée cadre
pour cause réelle et sérieuse. Hasard du calendrier, cette procédure intervient
1 semaine après qu’elle ne bénéficie plus de son statut de salarié protégée et
à un moment ou la salariée est dans une période d’arrêt de travail en raison
de burn out. Sur ce secteur, nous faisons juste remarquer que 2 autres
salariés sont en situation de burn out.

Nous rappelerons juste que la direction de Dinno Santé est une direction
partisane qui a fait ouvertement campagne pour la CFTC soit en sollicitant les
salariés pour les encourager à s’engager avec ce syndicat ou alors en prônant un
discours dans les équipes comme « s’investir comme délégué du personnel était
une bonne chose mais que s’investir et se syndiquer à la CGT n’étaient pas bien
vus de la haute hiérarchie ».

Dans un contexte ou la direction générale déploie une succession de Codes
notamment le Code de Conduite, il serait bon que la direction générale et les
directions des filiales soient exemplaires en la matière.

En effet, d’une part, en 2016, le PDG n’a pas suivi toutes les recommandations de
l’Afep-Medef où il siège pourtant. En effet, concernant la fixation de sa
rémunération patronale, il est indiqué dans le document de référence d’Air Liquide
que si Benoît Potier n’assiste pas aux comités de rémunérations qui délibèrent sur
sa rémunération ainsi qu’il est préconisé dans le code patronal, il préside en
revanche le conseil d’administration durant lequel Jean-Paul Agon présente les
propositions de rémunération du PDG émanant du comité ad-hoc.

Or c’est précisément pour éviter des dérapages, dans des cas de contestation
délicates de la part du conseil ( lorsque les fonctions Président et DG sont réunies
par exemple), que le code Afep-Medef a édicté dans son article 17.3, la
recommandation qui consiste à faire sortir le PDG du conseil, lorsque celui-ci statue
sur son cas, ce que n’a pas jugé nécessaire de faire le PDG d’Air Liquide.
De plus, le groupe Air Liquide au travers de ces filiales ALFI, ALEM et CRYOPAL
a été condamné pour discrimination syndicale envers des élus et militants de la
CGT dans une procédure qui aura duré plus de 8 ans.

Cette victoire n’est que justice pour des élus et militants qui ont durant de trop
nombreuses années souffert de ces répressions syndicales payant un prix fort à
leur engagement citoyen dans la défense des intérêts des salariés.

Cette victoire est un encouragement et une invitation à venir rejoindre la CGT, se
syndiquer, militer et s’engager avec nous.

La CGT du groupe Air Liquide sera désormais vigilante au respect des droits
élémentaires. Nous n’accepterons plus de pénalisation sur les déroulements de
carrière, les rémunérations et les atteintes en tout genre…

Le fait syndical doit être reconnu, c’est un exercice légal.

En conséquence, nous demandons à la direction générale de cesser toutes
les répressions syndicales et qu’elle intervienne au plus vite auprès de la
direction de la filiale Dinno Santé et de lever toutes les sanctions
injustement​ ​prononcées​ ​ces​ ​dernières​ ​semaines.

Au niveau de l’emploi, le groupe continue sa politique de destruction de l’emploi
en France et dans le Monde en déployant régulièrement des réorganisations. La
dernière en date concerne E&C avec des impacts sur l’ensemble de l’activité
mondiale et en particulier en Europe où les Instances Représentatives des
salariés, doivent-être consultées préalablement aux déploiements des
restructurations.

Pour la filiale Air Liquide E&C France, ce projet concerne les deux établissements
de Champigny et Vitry.

● Pour l’établissement de Champigny : Cela se traduit par une nouvelle
réduction d’effectif. Une nouvelle baisse d’environ 90 postes est annoncée.
Celle-ci s’ajoute aux plans d’adaptation à la charge de 2014 et 2017.
● Pour l’établissement de Vitry : La « casse » du site se poursuit. La direction
à de plus en plus de mal à la « camoufler »… Elle « réfléchie » maintenant
au regroupement de l’activité sur un seul des deux sites, situé rue des
Fusillés…

Le groupe a les moyens de mener une autre politique industrielle et nous
demandons l’arrêt de toutes ces réorganisations destructrices d’emploi qui
n’ont que pour seul vocation de favoriser encore davantage les
actionnaires.