Accident industriel grave à Denain !

De plus en plus de salariés sont victimes d’accident du travail ayant pour causes la vétusté des outils de production, la non conformité des postes de travail et le manque de formation professionnelle qualifiante.

La question de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et de l’obligation de résultat de l’employeur est posée.

L’augmentation des accidents n’est pas liée au hasard, mais bien la conséquence directe d’un manque d’investissements depuis des années, qui ne permet plus ni de moderniser l’outil de production, ni de définir des règles de sécurité suffisantes pour que chacun d’entre nous puisse rentrer indemne.

Le choix politique de distribuer toujours plus de dividendes montre à nouveau les limites de l’exercice capitaliste. Encore cette année, en pleine pandémie, il a été décidé de distribuer aux actionnaires 1 milliard 400 millions d’euros, ce qui représente 60% du résultat net, un nouveau record historique !!!

L’accident grave survenu le 2 juin sur le site Air Liquide de Denain, durant lequel un coup de feu est survenu à partir d’une bouteille d’oxygène, suivi de l’explosion d’un aspirateur qui date de plus de 20 ans. Un salarié a été gravement brûlé, un second a subit une lourde atteinte au système auditif. Ces travailleurs ne bénéficieront d’aucun premiers soins, même pas d’un transport médicalisé, les secours n’ont pas été prévenus, et l’un sera transporté par sa hiérarchie, l’autre devra se rendre par lui même aux urgences…

Une aspiration bricolée qui modélise parfaitement le décalage entre la communication de la direction générale et la réalité a laquelle sont confrontés les travailleurs.

L’ensemble des sites sont concernés par l’augmentation des accidents du travail plus ou moins graves : Villeneuve sur Yonne, Frais Marais, le Blanc-Mesnil, Denain, etc…. Alors que la direction n’assume pas ses responsabilités en rejetant systématiquement la responsabilité sur le salarié, en le pénalisant jusqu’à lui soustraire du salaire par une mise à pied. L’analyse de ces accidents implique l’entière responsabilité de la direction et la non-conformité des postes de travail. Les outils de production inadaptés, vétustes et non sécurisés, révèlent clairement une carence en matière d’analyse des risques au fil des accidents, ainsi qu’une absence d’organisation du travail au sein même des équipes de salariés Air Liquide en CDI.

L’augmentation des accidents au travail, le vote négatif des élus du CSE des bilans annuels 2020, les commissions de sécurité par métier devenues de simples chambres d’enregistrement, les conclusions de l’expertise CMR menée sur le site de Mitry-Mory, sont autant de signaux forts qui devraient alerter la direction afin que soient mises en œuvre des actions correctives plutôt que de chercher à s’approprier les instances du personnel pour minimiser une politique dangereuse pour la sécurité des salariés, qui a désormais démontré ses limites.

Faudra-t-il attendre que se produise un accident plus grave ?

La CGT exige des investissements conséquent pour que les salariés travaillent enfin en toute sécurité dans de bonnes conditions.

Notre dossier sur l’accident grave de Denain (59)                                                       Déclaration Incident Denain (syndic'AL)