Communiqué

Par ce communiqué, nous alertons et demandons à la Direction Générale d’Air Liquide France Industrie (filiale du groupe Air Liquide) de revenir sur sa décision de sanctionner notre camarade Elu Délégué du personnel CGT sur le site de Honfleur.

Dans les faits, notre camarade qui occupe un poste de Chargé de prestation et maintenance depuis seulement 1 an intervient auprès de nombreux clients. Lors d’une intervention, il aurait commis une faute professionnelle suite au montage d’une pièce de rechange de mauvaise référence. Cette erreur occasionnant un incident grave selon la Direction, il est sanctionné et rétrogradé par l’employeur en date du 24 Septembre.

Ce type d’erreur de la part des salariés ne semble pas isolé. Le manque de formation professionnelle qualifiante et continue des personnels techniciens au poste de travail est criante. Associé au manque de personnel, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que cela permette d’organiser la mise en place d’une organisation de travail basée sur de la sous-traitance. Quid alors de la sécurité des installations, des personnels et des clients ?

De plus, cela met directement en cause les conditions d’attribution des pièces de rechange associées aux ordres de travail.

D’autre part, suite à cet incident supposé « grave », les conclusions de l’arbre des causes ressemblent plus à un tribunal patronal qu’à la délégation de sécurité prévu par le législateur, visant quant à elle à identifier les véritables raisons de l’incident.

Il manque l’analyse concernant les conditions d’attribution des pièces de rechange associées aux ordres de travail et l’enquête menée par la seule Direction en position d’être juge et partie est volontairement à charge, la question de la formation professionnelle continue du salarié étant elle aussi expurgée de l’analyse.

Comme si cela ne suffisait pas et non satisfaite de prononcer la rétrogradation et donc la baisse de rémunération de notre camarade, la Direction lui soumet en date du 24 Septembre un avenant au contrat de travail prévoyant des clauses plus restrictives qu’auparavant et notamment, une clause de déplacement sur un secteur allant de la Vendée au nord de la France. Comment travailler en sécurité dans ces conditions ?

Nous considérons cette sanction et la modification des éléments du contrat de travail comme totalement injustifiés et sans rapport avec la faute qui serait réellement commise, d’autant que la virtuosité de l’enquête suite à l’incident jugé « grave » reste à démontrer !

Nous rappelons que ce type d’erreur ne semble pas isolé et que cette sanction vise aujourd’hui un Élu du personnel CGT. En vue des toutes prochaines élections professionnelles au sein de la filiale Air Liquide France Industrie les méthodes ont de quoi nous interroger : La Direction chercherait elle à éloigner les élus et futurs candidats du terrain et des salariés ?

Au nom de la Confédération Générale du Travail

Nous exigeons le retrait de cette sanction injustifiée et demandons que notre camarade puisse bénéficier d’une formation qualifiante et continue lui permettant le plein exercice de sa fonction, en toute sécurité !

Nous revendiquons que les représentants du personnel puissent bénéficier d’un droit de véto sur le pouvoir de direction de l’employeur, sous contrôle de l’inspection du travail dont les prérogatives doivent êtres significativement renforcées.

à Paris, le 29 Septembre 2018