Le 29 octobre 2026, Air Liquide a publié son chiffre d’affaires du troisième trimestre et annoncé le lancement d’un rachat d’actions de 1 milliard d’euros d’ici la fin de l’année.
Un groupe en très bonne santé
Selon ses propres publications, Air Liquide a réalisé en 2025 un bénéfice net record de 3,5 milliards d’euros. Sa marge opérationnelle est passée de 19,9 % à 20,7 %, et le groupe vise 22,7 % en 2027.
Au troisième trimestre 2026, le chiffre d’affaires atteint 7,3 milliards d’euros, en hausse de 3 % à périmètre comparable. Le groupe met en avant des investissements record et confirme ses objectifs.
Pour la CGT, la direction ne peut pas invoquer de difficultés économiques.
Un milliard d’euros pour racheter des actions, dès cette année
Le 5 octobre, le groupe a présenté son plan stratégique BEYOND. Il prévoit, pour la première fois de son histoire, un programme de rachat d’actions de 4 milliards d’euros, annoncé alors pour 2027-2028.
La presse a rapporté début septembre l’entrée au capital du fonds activiste Elliott. Le 6 octobre, ce fonds a déclaré publiquement souhaiter que les rachats commencent immédiatement. Le 29 octobre, la direction a annoncé qu’une première tranche de 1 milliard d’euros serait engagée dès le 30 octobre.
Nous ne connaissons pas le contenu des échanges entre la direction et ce fonds. Mais nous constatons cette chronologie, et nous demandons à la direction d’expliquer publiquement pourquoi le calendrier a été avancé.
Les actions rachetées seront annulées. Pour la CGT, un rachat d’actions ne crée ni emploi, ni investissement, ni capacité de production. Il augmente le bénéfice par action, l’indicateur central du nouveau plan.
À titre de comparaison, et selon nos calculs, ce milliard d’euros représente environ 15 000 euros par salarié du groupe dans le monde.
Des dividendes en hausse, l’emploi en baisse
- Dividende : en hausse de 12,1 % en 2026 et de 38 % sur trois ans, selon le groupe. Environ 2,2 milliards d’euros ont été versés aux actionnaires en mai.
- Emploi en France : selon des chiffres issus de la documentation du groupe et rapportés par l’AFP, l’effectif en France est passé de 11 940 à 11 346 salariés en un an. Selon nos estimations, près de 2 000 emplois ont été supprimés en France depuis 2023.
- Restructurations : le groupe lui-même évoque des « efficacités » de 631 millions d’euros en 2025 et la poursuite de restructurations, « principalement en Europe ».
- Salaires : l’étude Mercer situe la médiane des augmentations de salaire négociées en France en 2026 à 2 %.
- Rémunération du directeur général : dans le même temps, l’assemblée générale de mai 2026 a approuvé une hausse de la part fixe de 1,21 à 1,4 million d’euros, soit +15,7 %.
Pour la CGT, la richesse créée par le travail des salariés doit d’abord leur revenir.
Nos exigences
- Une augmentation générale des salaires qui rattrape au minimum l’inflation cumulée depuis 2022.
- Un partage de la valeur à la hauteur des sommes versées aux actionnaires.
- L’arrêt des suppressions de postes et des restructurations tant que des rachats d’actions sont en cours.
- Des engagements chiffrés d’investissement et d’emploi en France, notamment en région parisienne.
- La transparence sur les choix d’allocation du capital et sur leurs conséquences pour l’emploi.
Le syndicat CGT Groupe Air Liquide de la région parisienne appelle les salariés de toutes les entités du groupe à se rapprocher de leurs élus et militants CGT pour faire entendre ces revendications.